I am now officially #Crazy

Yesterday was my appointment with a new medical team for my mental health “status” and diagnostic.

For those who don’t know, a r√©sum√©: for now 3 years, I’ve been managing a lot of mental health issues, depression, general anxiety, flashbacks, triggers, mood swings, etc… that, when discussed with many health specialists, made us realize that I may have a mental health condition. Like bipolar, or borderline. It wasn’t just depression and general anxiety: it was clearly more.

So I was nervous as fuck, yesterday. Uber-Anxious, too, that they might overlook my conditions, and finally say “You ain’t sick in the brain, go home”, or underestimate it. I was scared of judgment, too, I’ll admit it: that I was wayyyyyy crazier than I thought…

I felt listened. I felt not judged. I felt respected with my analysis, my answers, my hypothesis of my own condition and life, my thoughts, my experiences…

So, by the end of the afternoon, it was official:I am crazy!
(joking! … well, almost ūüėČ )

But overall, it went well. I have a new psychiatrist assigned to me for a while (FINALLY! It took 3 years to HAVE one just for my case!). With her resident-psychiatrist who will be doing most of the work with me. My medication doesn’t change (for now) but we are now doing a very intense follow-up on this. More blood tests, more health log & journal, to figure out the *precise* condition of my brain. But for now, my main hypothesis has been accepted AND confirmed now by 3 psychiatrists, a resident, 2 social workers, 1 psychologist, and my own family doctor:

Non-specific bipolar/not-quite-cyclothymia/Borderline-but-not-totally. All caused by trauma/PTSD.

Yeah, it’s a mouthful. BUT it’s something.

What does it means?

Well, to start: my brain didn’t grow up like everybody else. I came from a family background where extreme poverty, childhood neglect/abuse of different kinds, and malnutrition impacted my brain chemistry when growing up. I probably lack some essential brain hormones and cells necessary to have a “normal” mood like everybody else. My hormones in my body have been impacted during my teenage years by this lack of hormones. So when my periods started, it only started amplifying my mood swings. Mood swings that were HIGHLY different than the average person. Mood swings that made me acted…rashly; irrational; angry at time; depressed as time; imprevisible. Unpredictable, for most of you all. A total chaotic clusterfuck of emotional ticking rage/depression bomb at time.

Not fun.

Yeah, I know, it sucks. It explains a lot, I guess. It explains A LOT of my past decisions during my early adulthood. Of my mood swings, my depressive phases. My HIGH phases (at least 2 per year, in January and September, and a little lower High phase in June, too). It explains a lot of what a lot of people/acquaintances (those who didn’t take the time to know me, at the time) observed as my “chaotic personality”.It explains all the anxiety I’ve developed afterwards, because of my past childhood and my decisions during those mood swings.

It just confirmed everything.

I now am “labeled” by my medical team, and in the health system. We have more tools, now, available for me, to make my life and daily struggles a bit more manageable. It won’t completely heal me: it never will. A life of trauma can NEVER be erased from my DNA and brain chemistry. I’m stuck like that.

But now, I have a team that is behind me, have tools, medications and knowledge to help me get better on a day-to-day basis. I am not alone. I can only facilitate my brain chemistry by following some steps to make it better, more stable. I am not crazy, au final!

This is me. Debbie: an unclassifiable Pirate person, not crazy but scrapped by Life, and survivor of bad stuffs. Crazy cat lady extraordinaire. Badass ass-kicker of liars and douchebags.

I’ll survive this and stay strong!

Les dimanches anxieux

Les dimanches après-midi sont les pires moments de ma semaine. Encore pire quand ma fille est chez son père.

C’est LE moment dans ma semaine o√Ļ une crise d’anxi√©t√© a le plus de chance de d√©buter, m’entrainant dans un flot incessant de pens√©es anxieuses qui n’ont habituellement pas leur place dans ma t√™te en temps normal. √áa en devient intense √† un point tel que je dois augmenter bien souvent ma dose de m√©dicament pour contrer ma mont√©e rapide – et – intense – d’anxi√©t√©.

On se demande pourquoi j’occupais tellement ma vie, auparavant, par mille et un projets, des tonnes d’activit√©s avec des amis, et jamais un moment de libre dans mon calendrier… Je me rends maintenant compte que, intuitivement, je me surbookais l’agenda pour ne jamais avoir √† penser √† ce vide int√©rieur qui m’accompagne depuis siiiiiiiiiiiiiiiiiiiii longtemps, mais dont j’ai toujours tout fait pour le repousser au fin fond de ma conscience. Oublier l’existence de ce vide existentiel anxieux qui peut me faire sentir compl√®tement (irrationnellement!), de trop…

Aujourd’hui est l’un de ces dimanches apr√®s-midi o√Ļ mon anxi√©t√© prend un peu le dessus, sans que je m’en sois rendue compte. Et o√Ļ j’ai juste envie de pleurer ma vie.

Ce genre de sentiment angoissant qui, au d√©but, est une impression de vide incompr√©hensible. Puis les pens√©es, qui commencent: “Tu es toute seule un dimanche apr√®s-midi, alors que tout le monde est en famille/occup√©/avec leurs amis, √† tripper leur vie et se sentir utile, important pour d’autres, aim√©s…” L’encha√ģnement progressif vers des pens√©es plus nocives, toxiques, qui viennent alimenter cette noirceur que l’on tente tellement d’√©viter, d’oublier…qui viennent alimenter cette progression toxique qui te laissera en pleurs, dans ton sofa, √† serrer trop fort l’un de tes chats parce que tu as besoin d’un contact vivant pour te rassurer…

Oh, j’ai mes trucs pour survivre √† cette mont√©e (bi)hebdomadaire:

  • je prends une dose suppl√©mentaire de mon m√©dicament pour baisser cette mont√©e d’anxi√©t√© qui peut devenir paralysante;
  • je pars une playlist random de musique qui bouge, qui torche et qui donne envie de bouger (ou du moins, qui me redonne rapidement une dose d’√©nergie; j’attends que le gros de l’anxi√©t√© s’apaise (elle ne disparait jamais compl√®tement);
  • ou je pars parfois la t√©l√©vision et le met √† un poste random (genre HGTV), qui me permet de penser √† rien d’existentiel ni d’angoissant (je ne sais pas pour vous, mais moi, voir des gens s’obstiner sur quelle(s) couleur(s) devraient √™tre leur mur de toilettes d√©place rapidement mes pens√©es vers du futile et de l’absurde non-existentialiste);
  • je lance des messages/textos √† plusieurs amis, histoire de combattre ce sentiment de solitude anxieux qui me prenait √† la gorge (et en g√©n√©ral, mes amis sont assez rapide pour me r√©pondre, alors kudos √† eux, qui r√©ussissent rapidement √† me faire sentir √† ma place parmi ma gang, chassant un peu ce vilain sentiment de solitude √† marde).

Et une fois que j’ai r√©ussit √† apaiser rapidement cette anxi√©t√© de fou, j’en profite g√©n√©ralement (et quand c’est possible!) pour sortir de la maison et aller marcher. Me mettre la musique √† fond dans les √©couteurs, marcher sans but ultime, mon cellulaire √† port√©e de mains, pr√™t √† prendre des photos pour alimenter mon Instagram et feeder mes amis de mes d√©couvertes du moment…

√áa aide. Temporairement, jusqu’√† la prochaine mont√©e d’anxi√©t√©. Mais bon…√ßa aide.

C’est le sale d√©faut de vivre constamment avec des troubles de sant√© mentale et de l’humeur comme les miens: √† force de vivre intens√©ment, il a toujours un “down” √† des moments de bonheur intense. Et ces “downs” peuvent √™tre salement paralysants et nocifs pour le fonctionnement global de la personne. Parfois m√™me dangeureux…

Mais bon… G√©n√©ralement, je r√©ussis √† survivre, un jour √† la fois, √† une Xi√®me crise d’anxi√©t√© qui pourrait me paralyser pour des jours (parfois des semaines). En g√©n√©ral, je m’en sors pas trop pire en y allant avec mes comportements habituels anti-anxieux, mais des fois, j’avoue que je peux laisser l’anxi√©t√© me gagner pour le reste de la journ√©e, sombrant dans les pens√©es noires et terrifiants qu’elle me cause, m’endormant sur un sentiment tellement drainant sur ma motivation et mon optimisme g√©n√©ral…Au moins, bien souvent, apr√®s une (longue) nuit de sommeil sans trop de cauchemars, je r√©ussis √† me lever le matin avec l’anxi√©t√© (momentan√©ment) partie. Au moins √ßa de gagn√©, jusqu’√† la prochaine fois…

Hello! Je m’appelle Debbie, et je souffre de probl√®mes de sant√© mentale [Semaine Nationale de la sant√© mentale]

Avant de commencer, j’aimerais aviser les gens que je vais parler de sujets lourds et traumatisants, incluant l’automutilation et le suicide. J’avise aussi les lecteurs que je parle de mon exp√©rience personelle: si vous connaissez une personne qui pourrait vivre avec des troubles de sant√© mentale (ou vous-m√™me pensez en souffrir), consulter un professionel de la sant√© qualifi√©. Je me suis pas un docteur.

Ok, maintenant que le¬†disclaimer est dit… Bonjour, je m’appelle Debbie: je vis avec la d√©pression, l’anxi√©t√©, et un potentiel trouble borderline de personalit√© limite sur une base quotidienne depuis + de 15 ans, avec une dose de syndrome du choc post-traumatique par-dessus tout √ßa, et quelques √©pisodes de phase suicidaire par le pass√©.

Ceci est mon coming out de santé mentale.

En cette Semaine Nationale de la Sant√© Mentale (du 7 au 11 Mai), je trouve important de faire ma part et de parler un peu de mon exp√©rience ici, pour faire ma part quand √† la sensibilisation sur le sujet. Les gens qui ne souffrent pas de ces divers troubles ont √©norm√©ment de mis√®re √† comprendre toute la douleur, tant physique que mentale, que peuvent procurer ces troubles, et combien √ßa peut handicapper la vie des gens affect√©s sur une base quotidienne! Bien souvent, les gens qui entendent les d√©pressifs s’exprimer sur le sujet pensent qu’on exag√®re nos sympt√īmes, et que toute est dans notre t√™te.

Non, se forcer à sourire ne va pas faire disparaitre la dépression comme par magie!
Non, faire du sport et mieux manger ne va pas magiquement nous aider à mieux fonctionner dans le quotidien!
Oui, les m√©dicaments peuvent √™tre une source importante dans le processus de soins d’une personne affect√©e par un trouble de sant√© mentale!

Et etc, etc…

Dans mon cas, je souffre en premier lieu √©norm√©ment d’anxi√©t√© mix√© √† un syndr√īme de choc post-traumatique, li√© √† toutes ces ann√©es de mon enfance et adolescence √† vivre des situations de vie traumatisantes. Ce qui affecte ma vie (depuis si longtemps) de pleins de fa√ßons:
Рdouter constamment de tout mon entourage, de mes proches, de mes relations, de mes compétences;
Рensuite, redistribuer ces angoisses et ces colères sur mes collègues, mes amis, mes relations amoureuses, mon enfant;
– avoir des probl√®mes √† croire les autres, avoir le sentiment qu’on me ment constamment, ou qu’on abuse de mon empathie et sympathie pour gagner des faveurs et finir par me faire abuser;
– les terreurs et cauchemars nocturnes;
Рse réveiller en état de panique, à angoisser sur la mort et ses proches;
– le sentiment constant de se sentir vide √† l’int√©rieur;
Рle sentiment de se sentir incompétent, peu importe dans quoi;
– le syndr√īme de l’imposteur;
– la peur d’√™tre abandonn√©e;
Рinsomnie, ou énormément de fatigue, par phases;
– binge de nourriture, suivi de moment¬†o√Ļ je me prive de manger (ou que je n’y arrive pas, lors de mes √©pisodes d√©pressives);
– envie de m’ouvrir les veines par phases;
– etc.
Les √©pisodes de d√©pression sont surtout arriv√©s √† des moments o√Ļ je n’arrivais plus √† garder toutes mes √©motions en dedans, et o√Ļ¬† je n’avais plus aucun contr√īle sur les √©v√©nements dans ma vie: j’explosais comme un volcan, m’amenant ainsi √† consid√©rer quelques id√©es (et plans) suicidaires, ainsi que beaucoup d’automutilations (non, ce n’est pas juste des traces de lames sur la peau, l’automutilation!). Et comment j’ai su que j’entrais en d√©pression majeure? Quand je commen√ßais mes cycles d’alcoolisme intense, √† faire le party presque tout le temps et vouloir noyer mes √©motions dans l’alcool, pour tout oublier temporairement et r√©ussir √† vivre sans devoir confronter les probl√®mes qui √©taient pogn√©s dans ma t√™te…

Bref, j’ai un lourd pass√© o√Ļ¬† j’ai accumul√© √©normement de troubles mentaux √† cause de tout ce que j’ai v√©√ßu, mais je l’ai toujours (trop) bien cach√©e, ce qui fait que la majorit√© des gens ne s’en sont jamais, et je dis bien JAMAIS!, douter que √ßa n’allait vraiment pas. Et depuis au moins deux ans, j’ai commenc√© √† travailler avec mon m√©decin de famille, ma psychologue, une aide psychiatrique sporadique, et avec beaucoup d’introspection, de r√©flexions, et de m√©dicaments pour finalement m’aider √† passer au travers sans en mourrir. Litt√©ralement.

La semaine nationale tombe au m√™me moment¬†o√Ļ je “c√©l√®bre” un moment encore douloureux que j’ai v√©√ßu il y a deux ans: j’ai pass√© un apr√®s-midi √† l’urgence de l’hopital psychiatrique avec deux proches, car j’en √©tais rendue √† avoir des id√©es et plans suicidaires. Si ce n’√©tait pas de ces proches, qui me connaissent assez bien pour avoir su, √† ce moment, que je n’allais vraiiimmmmment pas, je ne sais pas si je serais encore ici pour √©crire ces lignes…

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La raison principale pourquoi j’ai d√©cid√© de faire mon “coming out” sur ma sant√© mentale est, en premier lieu, de sensibiliser les gens sur ce sujet. Il y a encore trop de st√©r√©otypes n√©gatifs propag√© sur ce sujet, et √ßa affecte grandement le moral et l’estime de soi des gens affect√©s (comme moi), et √ßa peut m√™me remettre en cause les traitements que nous tentons d’obtenir pour r√©ussir √† mieux vivre. Bref, si en parlant de mon exp√©rience √† moi, j’aide d’autres personnes √† √™tre conscient que les probl√®mes de sant√© mentale sont tout aussi valide que les probl√®mes de sant√© dits physique, good for all of us! Le cerveau, que les troubles mentaux affecte, fait partie du corps humain, alors je ne vois pas pourquoi on doit consid√©rer cela comme moins important, moins probl√©matique!

L’autre raison pourquoi j’ai commenc√© √† en parler autant est aussi pour que ceux qui ont trop peur de parler de leurs propres inqui√©tudes, troubles et douleur puisse enfin sentir qu’il y a des gens comme eux, qui peuvent comprendre ce qu’ils vivent au quotidien. J’ai la chance d’avoir eu plusieurs t√©moignages de la sorte dans les derniers mois, et √ßa fait du bien de savoir qu’on a un petit impact, aussi minime soit-dit, sur la r√©flexion des gens √† aller chercher de l’aide pour eux-m√™mes. √áa fait toujours du bien de savoir qu’on aide les autres.

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Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux, m√™me si j’ai encore des cycles irr√©guliers concernant mon anxi√©t√©. Je r√©ussis √† fonctionner au quotidien gr√Ęce aux m√©dicaments qui contr√īlent mon humeur. My god que j’ai h√©sit√© avant de prendre des m√©dicaments: j’avais toujours les pr√©jug√©s en t√™te concernant la m√©dication, et je pensais que je n’√©tais pas assez “malade” pour devoir en prendre. Que j’√©tais faible de devoir en d√©pendre pour enfin r√©ussir √† fonctionner dans la vie.

Je me suis rendue compte,¬† √† ce moment-l√† “C’est fou comment les pr√©jug√©s de la soci√©t√© peut nous affecter”. Dire que je refusais de prendre des m√©dicaments qui allaient me sauver la vie, b√Ętard! Juste parce que les pr√©jug√©s sont encore tenaces face √† la sant√© mentale…

Bref, je vais mieux, mais ce ne sera jamais normal pour moi. J’apprends tranquillement √† fonctionner au jour le jour, √† comprendre pourquoi j’agis ou pense de certaines fa√ßons, pourquoi j’ai des peurs qui me rendent en √©tat de panique extr√™me dans certaines situations…J’apprends aussi l’origine de mes maux, √† savoir pourquoi j’ai autant d’anxi√©t√©, et comment le combattre pour devenir une meilleure personne, capable de bien fonctionner et de bien vivre en soci√©t√©. Je r√©apprends mes √©motions, mes sentiments, et mes peurs; je r√©apprends √† dire non et √† pousser les gens toxiques hors de ma vie. Surtout mes parents, car malheureusement dans mon cas, c’est par la famille que beaucoup d’√©v√©nements traumatiques me sont arriv√©s. Non, manger mieux et faire du sport ne m’aide pas: je l’avais essayer, et je n’arrivais pas √† taire la voix anxieuse dans ma t√™te qui me faisait douter de tout, et de tous. Mais oui, prendre du temps pour soi m’a aid√© √† me recentrer, √† √™tre seule avec mes d√©mons, et √† les confronter enfin, pour pouvoir recommencer √† vivre convenablement.

Parce qu’au final, mon enfant a le droit d’avoir une m√®re en bonne sant√©, tant physique que mentale!

 

To be continued…